la responsabilisation de la littérature dans le roman «Au vent mauvais» de Kaouthar Adimi
Dans un village assez loin en Algérie, une histoire de trois jeunes, Leïla, Tarek et Saïd, ces deux derniers qui ont grandé comme des frères, le destin leur a donné des chemins différents dès l'âge de l'adolescence, Tarek qui est parti à la première guerre mondiale, et Saïd qui est allé en Tunisie pour étudier, dans ce village les traditions triomphent, c'est pour cela Leïla se trouve forcée à un mariage avec un homme à l'âge de son père, tous les facteurs montrent une misère sociale.
Kaouthar Adimi, avec ce nouveau roman «Au vent mauvais», Ed Barzakh en Algérie et Seuil en france, 2022, nous laissent découvrir la période du colonialisme au début des années 20 du vingtième siècle jusqu'à le début de la décennie noire, la première guerre mondiale s'éclatait et l'Algérie souffre face à la colonisation, on se glisse dans l'histoire et on capte des flèches dans la mémoire algérienne, car la romancière relate les faits en parallèle au événements historiques marquants qu'à connus le pays, ainsi, on lit sur la guerre de libération nationale, sur l'affaire de l'exécution de Laarbi Benmhidi, et jusqu'à l'indépendance où Ben bella a pris le pouvoir par la force, Leïla qui avait de l'espoir avec l'indépendance mais son mari Tarek avait juré qu'un malheur attend ce pays, car comme étant ancien Moudjahid il a su beaucoup de dérives de ces autoproclamés guerriers et patriotes, le coup d'état du colonel Boumediene intensifiait la crise du pays, tous ces événements et d'autres on les trouve dans ce texte, que la romancière veut un témoin de l'histoire de ce pays, on lit ça en trouvant une condensation des faits relatés avec une hâte.
De mon point de vue, le roman se repose sur une thématique essentielle et qui représente la cause littéraire qui donnera le déroulement de l'histoire qui s'en suit, c'est le roman qu'a écrit Said où il décrivait son village, ce personnage romancier qui est amoureux de Leïla et en entrant au pays, il l'a trouva mariée avec Tarek, ce sort ne lui convient pas alors il écrit ce roman dont il les venge, alors il décrit cette femme dans son roman et insiste sur le fait qu'il a vu son corps tout nu, et soigneusement il élabore la topographie de son corps en dépit qu'il ne l'a pas vu dans toute sa vie, et ce qui est grave c'est qu'il a gardé les noms de ses amis, sur ce, Leïla se trouva en dilemme car son village la traite d'ignobles paroles, dans cette demarche on lit la peine profonde d'une Leïla illettrée mais qui responsabilise la littérature, Said qui se voit heureux par son succès littéraire et les pages des journaux pleines de ses photos a fait du mal à cette femme et lui a rendu la vie amère. Quand la littérature devient un outil pour marginaliser l'autrui, alors c'est qu'on est dans un lapsus moral codifié par la littérature même, Said aurait pu écrire cette histoire en modifiant les noms des personnages, mais il a choisi de les garder afin qu'il fasse du mal à Leïla, tout ça nous poussent à nous questionner, est que l'imagination dans la littérature nous donne le droit de dominer la vie des autres et l'écrire comme elle n'était jamais faite ? La littérature sur cette voie n'est-elle pas un outil qui produit le mal ?
Kaouthar Adimi nous transporte via son texte jusqu'à l'été de 1992 où les décennie noire venait de déclencher, Leïla et Tarek lisaient amèrement dans les murs :«Ceux qui combattent par la plume périront par la lame», l'assassinat des intellectuels, «L’enlèvement puis l’assassinat duchanteur kabyle Matoub Lounès... Les menaces deguerre totale des deux côtés. La guerre totale dans laquelle on plonge. La mort du chanteur de raï Cheb Hasni, assassiné à Oran, et ses immenses obsèques populaires. Le taux de réussite du bac en chute libre. La mort dugrand dramaturge Abdelkader Alloula dans un attentat», ces facteurs ont donné un plein chagrin au couple, «car c’est bien ce que vous font les guerres, elles vous altèrent et vous abîmentdéfinitivement. Elles s’enchaînent à vos pieds et vous les traînez toute votrevie. Elles vous épouvantent et vous condamnent à vivre en marge des autres. Elles vous forcent à cohabiter, à cheminer avec des démons.»
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