La force de l'art face à la violence dans «L'amour au temps des scélérats»

la couverture du roman en version algérienne
Article de : Islem Kheniche


La douleur domine le monde, et les âmes dégoulinent de douleur alors qu'elles aspirent à l'amour et aux beautés de cette vie. Dedans la guerre dans toutes ses manifestations, il existe des vies fragiles de différentes personnes, car les groupes terroristes infiltrent la quiétude pour devenir des bourreaux excluant le bonheur de cette existence. C'est ainsi, la vie des pays qui ont vécu le terrorisme, et- en tant qu'Algérien - je prendrai le discours à la "décennie noire" des années 90 du dernier siècle, lorsque notre pays a vécu une guerre civile dévastatrice, causée par l'extrémisme devenu du terrorisme qui tue et qui verse le sang des innocents.

L'une des guerres les plus féroces et les plus meurtrières est menée aujourd'hui par "État Islamique en Irak et à Damas Daesh" contre ces deux pays. Ainsi vient le roman «L'amour au temps des scélérats» du romancier algérien francophone Anouar Benmalek, édition Emmanuel Colas en France et Casbah en Algérie 2022, pour analyser cette guerre, et détruire le système de pensée qui fonde cette ce mensonge.

Le choix du romancier s'est porté sur la Syrie et l'Irak spécifiquement pour les événements de son roman, comme étant toutes ces tragédies brûlent ces deux pays. Et on lit dans le mot de l'éditeur sur la couverture du roman : «Une histoire d'amour dans un des lieux les plus outragés de la planète par l'intolérance religieuse, la guerre perpétuelle, la tyrannie meurtrière : le Proche-Orient».

 Notre lecture du roman nous fait sentir la capacité d'Anouar Benmalek à désahbiller la réalité du terrorisme religieux, avec un langage complexe et différentes étapes narratives imprégnées de fragmentations temporelles du récit, ainsi on se laisse avec l'histoire du français «Tammouz» qui voulait rejoindre les groupes terroristes, et en suivant les dialogues du roman on constate l'accessibilité de Benmalek à ce sujet et comment il s'infiltre dedans ces groupes

Le roman contraste entre l'amour souhaité de Hoda et Yasser, et entre la guerre et la violence.. La mort est certaine à chaque instant, mais le destin tourne chacun d'eux vers un autre destination. La violence est constamment présente dans ce roman.  Nous lisons à propos d'un incident de lapidation : « Selon les juristes les plus avisés, les pierres utilisées ne doivent être no trop volumineuses, car la mort doit venir lentement, ni trop petites afin qu'elles méritent le nom de pierre. La taille moyenne est choisie de façon que la coupable expie son crime par la douleur... Eh le vieux, sois prudent dans au choix des pierres, elles doivent posséder la taille réglementaire pour une lapidation», comment un homme peut-il choisir les pierres nécessaires et travailler d'assez exactitude pour lapider sa fille si la violence ne s'accumule pas dans son subconscient ?

 Le terroriste dans sa pensée est basé sur la violence et le rejet de l'autre, et le plus dangereux de tout cela est son désir absolu de posséder la vie de l'autre, alors il invoque la religion à tout moment pour subvenir à ses propres besoins malades, en opposant tous les aspects humains qui existent, et dans cette voie, le sexe est une idée basée sur la haine et la violence aussi, donc le terroriste recourt au viol afin d'atteindre son but en opprimant l'autre et en ressentant son humiliation. On ne peut pas analyser l'idée du terrorisme loin du comportement barbare avec lequel il traite la femme, car son attitude est hostile à la femme dans toutes ses orientations, même si on parle sur l'esprit humain, je dis ceci en déconstruisant ce stéréotype qui caractérise les groupes terroristes. 

 Le narrateur nous raconte comment les viols avaient lieu par les «princes Terroristes», et après quoi la femme violée est laissée à ceux d'un rang inférieur. Ces «Daaechistes», comme les décrit l'une des victimes dans le roman, font avorter l'avenir vie de la femme à travers leurs actes honteux, et nous voyons comment cela se reflète dans la vie de ces victimes, car elles ne trouveront pas le bonheur tout au long de leurs vies conjugale et familiale, spécifiquement dans nos sociétés qui ont des réactions violentes et absolues face au phénomène du viol et à la femme. 

Dans ce roman, qui a remporté le Grand Prix de la Fiction à Paris (2022), on lit aussi la multiplication de l'immoralité au sein des groupes terroristes avec des scènes de viol, de sodomie et de torture, et comment l'instinct de de survie triomphe la personne humaine et lui fait traverser tout pour sa vie. Cet instinct s'accroche à la personne jusqu'à ce que sa conscience meure, mais ceci, ne dit pas qu'il existe des personnes qui s'accrochent encore à leur conscience vivante, ceux qui n'acceptent jamais de faire du mal. 

Le narrateur pose beaucoup de questions dans son schéma narratif, il nous amène entre la Syrie et l'Irak, remontant à la période de l'invasion américaine de l'Irak, où il montre les stratégies des Américains. Et l'on lit dans les mots d'un des commandants américains, justifiant le bombardement des civils : «Dans la guerre contre le terrorisme, les erreurs ne peuvent être évitées, l'important est que vous soyez toujours aux rangs de ceux qui luttent contre les ennemis de l'Amérique.»

La narration dans le roman prend le patrimoine religieux comme référence pour examiner les points du déséquilibre et de fragilité dans les incidents qu'on lit. Ainsi, le narrateur nous ramène à une période historique lointaine au temps du Prophète Ibrahim, la narration est interrompue à ce stade et le lecteur se perd, mais avec le retour du temps narratif du roman, on voit le chemin suivi par le narrateur qui prend l'histoire comme une référence afin de déconstruire et renverser le discours extrémiste.

La fin du roman prend une dimension symbolique du pouvoir de l'art face à la tyrannie et à la violence, car la belle musique et la mélodie triomphent la violence et la haine et poussent le souverain à se suicider sans savoir la chose, sur ceci le narrateur s'appuie également sur la référence historique de l'histoire Prophète Youcef.

 


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